Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /Fév /2010 15:40

Delattre, Meurant, Poniatowski, Pécresse et BodinDe gauche à droite : Francis Delattre, Sébastien Meurant, Axel Poniatowski, Valérie Pécresse et Claude Bodin

 

Vendredi dernier, Francis Delattre et Sébastien Meurant, respectivement maires de Franconville et de Saint-Leu-la-Forêt, croyaient avoir fait le coup politique de l'année dans le département en dévoilant ce qu'ils disaient être le "palmarès judiciaire" d'Ali Soumaré, notre tête de liste départementale pour l'élection régionale d'Ile-de-France. Nul doute que le communiqué avec la liste des condamnations présumées a supris plus d'une personne dans le département dont moi je dois l'avouer. J'avais pensé à l'hypothèse d'un homonyme mais c'était sans savoir que Francis Delattre et Sébastien Meurant s'étaient comportés comme de véritables amateurs dans le maniement d'immondices. Ils ont en l'espace de quelques jours fait dérailler la campagne de l'UMP régionale pour la mener sur un terrain pour le moins marécageux.

Passé la stupéfaction, j'ai évidemment attendu la réaction de la fédération socialiste du Val-d'Oise dans cette affaire et celle d'Ali sans pour autant lui retirer mon soutien. Cette réaction a d'abord été celle de Gérard Sebaoun qui a créé
un groupe de soutien sur Facebook (et auquel j'ai bien entendu adhéré) puis ensuite celle très juste de Dominique Lefebvre qui a rappelé que nos principes au Parti socialiste n'étaient pas d'exiger la copie du casier judiciaire de nos candidats et surtout de ne pas jeter l'opprobre sur des personnes qui à un moment ou à un autre de leur vie ont pu fauter et être condamnées. Ali Soumaré a fauté en 1999 alors qu'il avait 18 ans, il a été condamné et a payé sa dette, il avait de par l'ancienneté de cette affaire, le droit à ce qu'elle ne soit plus évoquée, MM. Delattre et Meurant se sont assis sur ce droit légitime. Les accidents de la vie privée font que nous pouvons, même en tant que citoyens n'ayant jamais été condamnés, être amenés à fauter et devoir en répondre devant les tribunaux compétents, c'est pourquoi il est de bon ton d'éviter les jugements moralisateurs sur le passé judiciaire de ceux qui ont payé leur dette.

Non contents d'avoir rappelé une condamnation qui n'aurait pas du être évoquée, ces tristes sires appuyés dans leurs basses oeuvres par les propos ou l'indifférence d'Axel Poniatowski, Claude Bodin, Georges Mothron, Frédéric Lefebvre, Xavier Melki, Jean-Marc Sallot (les deux derniers étant des sbires locaux de Francis Delattre) et même Valérie Pécresse avant qu'elle ne condamne cette initiative puante, ont donc même été jusqu'à rajouter une affaire qui n'avait rien à voir avec notre Ali Soumaré et qui avait été jugée par le tribunal pour enfant, une ordonnance pénale pour une affaire de conduite sans permis dont l'existence a été démentie par le procureur de la République  sans oublier  une condamnation pour rébellion à agent qui selon Ali Soumaré ne lui a jamais été signifiée et contre laquelle il a affirmé avoir l'intention d'interjeter appel, en tout état de cause il serait ici présumé innocent.

J'ai, dans un commentaire à
un article de Gérard Sebaoun sur son blog, dit à quel point j'accordai le bénéfice du doute à Ali Soumaré quant à cette affaire de rébellion à agent tellement ce genre d'infractions est invoqué depuis quelques années et l'instauration de la "politique du chiffre" par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'intérieur. J'ai fait l'objet de contrôles d'identité à deux reprises dans ma vie, à chaque fois avec des amis aux origines diverses et lors de ces deux contrôles (cela remonte à plusieurs années) les agents se sont comportés de façon incompatible avec le code de déontologie de la police nationale et lors d'un de ces contrôle un agent avait même menacé d'un outrage à agent ou d'une visite au poste et cela sans aucun fondement si ce n'est l'arbitraire d'hommes qui se sont cru tout permis depuis que Nicolas Sarkozy a instauré sa politique dangereuse. Cela ne veut évidemment pas dire que tous les policiers ne se comportent pas de façon digne et respectueuse des citoyens, bien au contraire, mais que des hommes qui disposent de pouvoirs importants doivent être encadrés et surveillés pour ne pas que les abus se multiplient. Je vous invite à ce propos à écouter deux émissions de "Là bas si j'y suis" consacrées aux abus de la police qui, contrairement à ce que les bonnes gens peuvent penser, concernent également des citoyens qui n'ont rien à se reprocher.

Reste désormais à savoir comment MM. Delattre et Meurant se sont procurés ces informations sur le passé judiciaire d'un citoyen et c'est la seule question qui importe. Ils ont dit en choeur avoir demandé la copie des décisions de justice auprès du greffe du tribunal de grande instance de Pontoise, une procédure tout à fait légale mais il faut encore connaître la date de la décision et j'ai du mal à croire qu'une affaire remontant à 1999 concernant une personnalité qui n'était pas publique ait pu susciter l'intérêt à l'époque de Francis Delattre déjà maire de Franconville et député du Val-d'Oise ou encore celui de Sébastien Meurant. Comment ces deux hommes ont pu obtenir la copie d'un jugement du tribunal pour enfant  rendu en 2007 (qui ne concerne pas notre Ali Soumaré mais un homonyme) alors que les audiences ne sont pas publiques ? Me Eolas
dans un article sur son blog a évoqué plusieurs pistes, celle du recel de vol ou encore celle de la violation du secret professionnel, des infractions très graves. Il est tout de même "savoureux" de noter que cette polémique a été à l'origine de potentiellement plus d'infractions à la loi qu'Ali Soumaré ne compte de condamnations : diffamations en cascade envers Ali Soumaré et Michèle Sabban, violation de la présomption d'innocence, éventuelle violation du secret professionnel ou recel. Cela fait beaucoup pour une démarche menée au nom de la "transparence" et c'est dire la valeur de l'accès de morale de MM. Delattre, Meurant et consorts.

Dans mon précédent article, je critiquais assez durement Francis Delattre pour son comportement outrancier, je peux désormais ajouter que cet homme a également un comportement ordurier et c'est à se demander comment il a pu être décoré de la Légion d'honneur tout comme sa créature, le député Bodin qui n'a pas été le dernier à se mêler à cette pantalonnade détestable et essayer de façon pitoyable d'impliquer le président du conseil général dans son communiqué relayé par les sbires locaux de Francis Delattre. J'évoque aussi le cas d'Axel Poniatowski que je croyais distingué et d'une autre stature que celle de Francis Delattre, cela est désormais moins certain et il me vient d'ailleurs à l'esprit une phrase que Napoléon avait dite à Talleyrand mais que je m'abstiendrai d'écrire ici par décence et surtout par précaution ! Je ne résiste pas  au plaisir de reprendre les termes de la tribune de la majorité municipale UMP dans le journal municipal de novembre 2009 à propos de la condamnation de l'association "PLU de béton" pour un commentaire diffamatoire envers Francis Delattre qui avait déposé de façon anonyme sur son blog :

« On ne peut impunément accuser le premier magistrat d’une ville ou l’un de ses conseillers municipaux de toucher des appartements, des dessous de table, sans apporter aucune preuve. Il s’agit tout simplement de diffamation.


Nous avons toujours travaillé avec la plus grande honnêteté pour nos concitoyens. Et ces accusations lancées à la cantonade sont inacceptables et scandaleuses !


Toute personne proférant une parole ou écrivant des propos diffamatoires sera donc assignée devant le tribunal correctionnel et il en sera ainsi à chaque fois que la probité de monsieur le maire ou de son équipe sera mise en cause. »

Si d'aventure monsieur Delattre était condamné, il devra probablement se poser la question de son maintien à sa fonction de maire de Franconville et à son avenir politique puisque selon ses critères, un délinquant n'est semble-t-il pas à même de représenter les citoyens...

Par Steven Dutartre - Publié dans : Val-d'Oise - Communauté : Les blogs franconvillois (95)
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Je suis conseiller municipal de Franconville élu sur la liste Franconville Citoyenne menée par Gérard Sebaoun lors de l'élection municipale de 2008.

Je suis également militant de la section du Parti socialiste de Franconville, membre du conseil de quartier des Fontaines, adhérent d'Anticor et président du Cercle citoyen.

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