Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 12:00

 

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Manuel Valls (Daniel Mordzinski, El País)


Manuel Valls dans une interview donnée au "Parisien" hier s'est exprimé à propos du débat sur la burqa en France. Il estime que le PS en s'opposant à une loi commettrait une "erreur grave", il pense en outre que ce serait respecter la République et l'Islam de l'interdire et fait une comparaison pour le moins osée avec le fait de se promener nu dans la rue. Il énonce tous les arguments qui justifieraient selon lui cette interdiction.

Il évoque une nécessité d'être identifiable dans la rue et dit se baser sur les propos de juristes sans que l'on en sache plus. Curieuse conception que celle de l'identification permanente dans l'espace public, il me semblait au contraire que la règle était que l'on puisse aller et venir anonymement et l'exception d'être contrôlé par les forces de police dans un cadre légal très précis, précisement afin de prévenir un trouble à l'ordre public. Il est donc difficile de justifier une interdiction avec le dangereux argument de l'identifiabilité permanente des personnes surtout lorsque l'on est dans un parti pour lequel la défense des libertés publiques est sacrée.

Il évoque aussi une atteinte à la liberté des personnes, en effet il se peut  que certaines femmes soient contraintes à porter la burqa et les lois de la République doivent sans aucun doute sanctionner ces atteintes à la liberté mais comment prétendre que toutes les femmes portant la burqa le fassent sous la contrainte ? Qu'en sait-on exactement ? Manuel Valls n'apporte aucune preuve pour étayer ses propos. Le professeur de droit public Denys de Béchillon, auditionné par la mission d'information sur le port du voile intégral l'a très bien dit, il faut se garder d'affirmer qu'au nom de la liberté des femmes nous pourrions leur refuser le droit de porter un tel vêtement bien qu'à titre personnel, il n'aime pas ce vêtement*, ce qui est aussi mon cas. Je suis triste que des femmes portent la burqa mais ma liberté s'arrête où commence la leur. Néanmoins, dans certaines circonstances admises par la loi ou la jurisprudence, les femmes portant la burqa doivent la retirer lorsque cela est nécessaire.

Enfin il évoque la question de la dignite humaine, une notion est très subjective car selon les uns et les autres ce que l'on trouve digne ou non peut varier. Certains peuvent par exemple penser que le port de la mini-jupe ou du string est une atteinte à la dignitité des femmes, que dire de la pornographie ou de la prostitution ? Est-ce à dire qu'il y aurait des indignités plus dérangeantes que d'autres ? Le professeur Anne Levade pendant son audition devant la mission d'information a affirmé que le rôle du législateur n'était pas de définir la dignité humaine et que la jurisprudence était peu nombreuse en France, le professeur Guy Carcassonne a lui parlé de "terrain marécageux" même s'il a estimé que sur le fondement de l'ordre public et de l'article 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, le législateur pouvait interdire le fait de dissimuler son visage dans l'espace public*.

Manuel Valls encore une fois adopte la même stratégie que Ségolène Royal, celle du contournement du parti en se basant sur l'opinion, cela implique que Manuel Valls soit une girouette et que loin de prendre des positions fortes et courageuses, il ne fasse en fait que suivre les sondages sous lesquels nous croulons. Suivre le sens du vent a certainement des avantages à court terme mais cela est très problématique en termes de convictions, il faut se rappeler qu'il avait dérapé lors d'un reportage télévisisé en prononçant une phrase raciste à propos d'un supposé manque de personnes blanches au marché d'Evry, probablement une façon de vouloir plaire à ceux qui pensent "qu'ils vont nous bouffer" comme le dirait si bien
André Valentin.

S'il était courageux, Manuel Valls rejoindrait l'UMP comme l'ont fait MM. Besson et Bockel pour lesquels je n'ai aucune estime mais qui ont au moins eu le courage d'assumer leurs nouvelles convictions (qui doivent être cela dit très minces pour Eric Besson au regard de son passage rapide de l'anti-sarkozysme à la sarkophilie). Il est curieux que les médias donnent une visibilité aussi importante à une personne qui ne représente guère qu'elle même et le placent à un niveau d'égalité en terme de légitimité avec le premier secrétaire, les présidents de groupes parlementaires ou encore les responsables du parti.

Pour en revenir à cette question de la burqa, je me demande si la République et la société sont plus menacées par le fait que quelques centaines de femmes portent la burqa, certaines volontairement et d'autres non mais dans ce cas le droit existant suffit à sanctionner les abus, ou alors par exemple que les femmes à niveau de qualification égal ne soient pas payées au même niveau que les hommes ? Qu'il soit plus difficile de faire une carrière quand on est une femme  ? Je demande si la société n'est-elle pas plus menacée par la suppression progressive des droits sociaux acquis de haute lutte sous des prétextes de compétitivité ou de mondialisation bien souvent fallacieux ? J'ai bien du mal à comprendre que des parlementaires de gauche participent à cette mission ouverte dans un contexte bien particulier, celui du débat sur l'identité nationale, et qu'elle soit présidée par le communiste André Gerin qui doit probablement être convaincu de faire un travail s'inscrivant dans la lignée de la loi de 1905...

J'ai évolué sur la question de l'Islam, passant d'une intransigeance sans raison valable au respect de l'égalité des droits, je dois dire que la perspective du choc des civilisations portée par les conservateurs de tous poils n'a pas non plus été sans influence dans mon évolution, des conservateurs qui n'hésitent pas à instrumentaliser
les thèses éculées de la conquête islamique et à mon sens ce débat portant sur un phénomène ultra minoritaire chez les musulmans n'en est qu'une des illustrations. Quoi que l'on puisse en penser, il y a comme je l'ai dit dans le premier article de mon blog, des citoyens français de confession musulmane qui ont le droit d'exercer leur religion dans le cadre des lois de la République, ils n'ont pas à devoir se cacher ou se contenter d'une tolérance de la part de la majorité qu'elle soit croyante ou non. Ils ont, commes les fidèles des autres religions, le droit de construire des édifices religieux ou d'exprimer leur appartenance religieuse dans le cadre ici encore de la législation. Je n'aime pas que certains essaient habilement de confondre l'histoire de notre pays qui a entre autres des racines chrétiennes et les règles de notre république qui doit traiter toutes les confessions de la même façon. Je rappelle à toutes fins utiles que ce n'est pas la Bible ou je ne sais quel livre sacré qui nous a fait citoyen mais bien la volonté de quelques hommes en 1789. Je crois aussi qu'il y a des droits qui n'ont pas à être mis en équation électorale, n'en déplaise aux tristes sires que sont Manuel Valls et Jacques Myard.

Je le répète, je regrette à titre personnel que certaines femmes se cachent sous la burqa pour des raisons qui sont les leurs et je trouve qu'il est préférable de pouvoir reconnaitre son interlocuteur mais il existe aussi des principes qui sont bien plus importants que ma façon de voir les choses, comme celui d'aller et venir anonymement, celui du respect de la vie privée ou encore d'exprimer son appartenance religieuse tant que cela respecte la législation. Je pense qu'il faut faire attention, à vouloir supprimer le droit de quelques uns, l'on pourrait très bien supprimer le droit de tous pour de mauvaises raisons et une loi de consensus ne sera jamais bonne si elle viole les principes fondamentaux de notre démocratie. La Cour européenne des droits de l'homme aura probablement le dernier mot sur la question.

 

Extraits de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (signée par la République française le 4 novembre 1950 et ratifiée le 3 mai 1974) :

 

Article 8 - Droit au respect de la vie privée et familiale


1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.


2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.


Article 9 - Liberté de pensée, de conscience et de religion


1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites.


2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.


Article 14 - Interdiction de discrimination


La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.


Article 1 du protocole additionnel n°12 – Interdiction générale de la discrimination


1 La jouissance de tout droit prévu par la loi doit être assurée, sans discrimination aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.


2 Nul ne peut faire l'objet d'une discrimination de la part d'une autorité publique quelle qu’elle soit fondée notamment sur les motifs mentionnés au paragraphe 1.


 


* N'hésitez pas à visionner les vidéos des auditions publiques de la mission d'information sur le port du voile intégral, notamment celles de Rémi Schwartz, conseiller d'Etat, de Denys de Béchillon, professeur de droit public à l'université de Pau, d'Anne Levade, professeur de droit public à l'université Paris XII, de Guy  Carcassonne, professeur à l'université Paris X, de Bertrand Mathieu, professeur à l'université Paris I, de Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé à l'université de Limoges ainsi que de Bertrand Louvel et Cécile Petit, président de chambre et premier avocat général à la Cour de cassation pour l'aspect juridique de la question.

 

Par Steven Dutartre - Publié dans : France - Communauté : Franconville (95)
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Commentaires

La liberté ,comme la France est une et indivisible.
Qu'une seule femme au monde soit contraite de se dissimuler par je ne sais quelle contrainte morale justifie qu'un pays ayant inscrit dans sa constution la notion d'égalité (des genres en l'occurance) doit lui permettre de légiférer pour sa mise en oeuvre.
Il ne s'agit en aucune manière de position pro ou anti religieuse
Qu'un être humain soit amené à se dissimuler me heurte profondément,et si ce fait est une posture religieuse, je serais encore plus laïc que jamais
Commentaire n°1 posté par René Bodiou le 11/01/2010 à 17h27

Je suis d'accord avec toi sur fait que la loi doit protéger les femmes musulmanes qui ne veulent pas la porter et qui sont contraintes, cela ne fait aucun doute mais pour les autres, on ne peut pas décider à leur place de la façon d'exercer leur liberté à moins évidemment de s'asseoir dessus.

Réponse de Steven le 11/01/2010 à 17h46
Mais Stev. il ne s'agit pas de savoir si dans le cadre des libertés individuelles on peu choisir d'être esclave ou de ne pas l'être.
Notre civilisation, et donc notre société,ne doit pas déroger à ses principes fondateurs.
Pour nous humanistes ,nous devons être présent dans la bataille des principes et ne pas nous faire enfumer par des arguties qui ne cachent que ce que nous voyons trop bien... "la création d'une société avec deux catégories d'êtres humains"
Commentaire n°2 posté par René Bodiou le 11/01/2010 à 18h19
De tout les temps les religions, ou plutôt ses pratiquants mâles au pouvoir, ont aliéné la femme. Que ce soit dans des pratiques qui se réfèrent à la Bible ou au Coran, la femme est tentation et impure.
Pour faire court, elle fait peur aux hommes, demandez à Adam: si il avait su il n'aurait pas croqué la pomme que la femme lui a tendu. Eve est crée à partir de la côte d'Adam, la femme n'est donc qu'un bout d'homme,et encore..
Pour ceux qui connaissent la psychanalyse: version brèves de comptoir, FREUD nous explique que la femme court après l'idée d'avoir un pénis de l'enfance à l'âge adulte...
Historiquement notre république aussi a été influencée, la femme était incapable majeur à vie jusque dans les années 70.
Alors ce qui prône le respect de la femme en créant une loi concernant qu'une centaine d'entre elles...comme le dit Steven, inquiétons nous du statut de la femme dans notre société actuelle.
Il faudrait une lois aussi, peut être pour interdire aux femmes de vivre avec un homme violent, il y aurait moins de conjointe assassinée par jour...
De plus, comment soutenir ces femmes si on les enferme chez elles?
Je ne suis pas à l'aise devant une femme voilée quel que soit le nom de son voile ou de sa religion. C'est pour moi un signe de soumission et d'aliénation,dans un monde d' hommes ignorants, démontrant leur force et leur domination sur l'objet de toute leur tentation, au nom d'un Dieu qui pardonne leurs péchés de tout façon. Qu'elle est cette chose qui a le pouvoir de donner la vie... surtout, faite la taire...
Commentaire n°3 posté par BARRIET le 12/01/2010 à 19h09
Un projet de loi de plus parmi tant d'autres dont les décrets d'application ne sont toujours pas publiés au J.O. ... ???
Si pour une fois le politique se mettait en situation avant de parler et de voter bêtement ... pardon, sous le coup de l'émotion, du coup d'éclat médiatique ...

Si pour une fois ... il se mettait en situation d'évaluer par anticipation la réalité d'application ...

A quoi va servir la sanction financière ? Que va t'il se passer dans les faits pour une femme qui porte la burqa, niée en tant que sujet humain par ceux qui lui impose de la porter ? ... Elle la portera toujours mais elle ne sortira plus ... enfin plutôt on ne la verra plus ! Problème réglé ?
Commentaire n°4 posté par Fab le 12/01/2010 à 21h18
Le message des ces femmes voilées, selon moi, c'est qu'il existe un monde de femmes distincts de celui des hommes, régi par des codes, des interdits qui s'adressent à la femme parce qu'elle est femme : un être humain de seconde zone donc. C'est aussi l'affirmation que la norme religieuse est supérieure à toutes les autres. Tout ceci est évidemment contraire à mes convictions. Mais j'ai le sentiment, peut-être ai-je tort, que ces messages sont dirigés davantage vers les musulmans eux-mêmes, femmes et hommes, contre les musulmans laïques, contre les intellectuels qui tentent de faire connaître l'Islam des Lumières C'est un mouvement qui dépasse nos frontières. Récemment, le musicien Salif Keita se demandait s'il n'allait pas devoir arrêter sa carrière en raison de la pression que lui font subir les mulsulmans intégristes de son pays. Alors, je crois que, plutôt que de légiférer dans de mauvaises conditions(débat inique sur l'identité nationale, etc.), il vaudrait peut-être mieux écouter et donner à entendre ces débats qui dépassent aussi l'Islam d'ailleurs. La poussée des religieux est notable quel que soit le nom du dieu auquel ils se réfèrent.Il faut se demander pourquoi.
Comme toi, je ne pense pas qu'une poignée de femmes voilées puisse mettre en danger nos valeurs républicaines seulement il faut tenir bon sur quelques principes et celui de la laïcité en premier lieu, sur l'éducation publique et laïque, la primauté de la solidarité sur la charité, l'engagement politique, etc...
Enfin, je ne partage pas ton point de vue selon lequel ces femmes protesteraient contre les "vices" de nos sociétés. Les sociétés puritaines n'ont jamais été des modèles de vertu, c'est le moins que l'on puisse dire :)Les commentaires très à la mode sur l'éthique des banquiers pratiquant la charia me font sourire.
Annick B.
Commentaire n°5 posté par Annick Bonnefond le 21/01/2010 à 11h31
Pardon de t'avoir mal lu : tu n'as pas parlé de vices ou de vertus mais du concept de "dignité humaine" qui serait subjectif. C'est une erreur révélatrice de ma part : les intégristes religieux de tous bords m'apparaissent comme des censeurs de mauvaise foi (sans jeu de mots). Mais de toute façon, sur ce point je ne suis toujours pas d'accord non plus. Le relativisme culturel a ses limites.
Commentaire n°6 posté par Annick Bonnefond le 21/01/2010 à 12h17

Quand je dis que le concept de dignité est mouvant, je ne fais que reprendre la majorité des juristes auditionnés par la mission d'information et je pense qu'ils ont raison sur ce point. Après c'est vrai que je ne parlais pas de vertu mais affirmer que le port de la burqa est une chose intolérable alors que les femmes en général subissent des choses bien pires dans la presque indifférence générale (comme les écarts de salaires ou les carrières moins gratifiantes parfois) me semble être une énième tartufferie. Je te connais et je sais que tu es sensible à ces questions et je ne te fais évidemment pas de procès d'intention mais en revanche je suis moins confiant envers nos responsables politiques.

Je pense que l'angle de la burqa n'est de toute façon pas le bon et je préfère raisonner en termes de libertés publiques pour tous, si demain on interdit le port de la burqa pour permettre l'identification permanente, il sera aussi logiquement interdit de porter un chapeau, une écharpe et des lunettes de soleil en même temps ? Quid des autres habitudes vestimentaires si l'on va sur le terrain de la dignité, une majorité rétrograde pourrait-elle estimer que le port de la mini jupe est une atteinte à la dignité des femmes, pourrait-on interdire au nom d'une certaine décence le fait de s'habiller en punk ou en gothique ?

Il y a un point sur lequel nous ne devons pas transiger en revanche c'est celui sur l'identification dans des cas bien précis comme pour prendre les enfants à l'école, ou face aux services publics et dans le cadre professionnel lorsque cela est nécessaire. Il ne faut pas non plus transiger sur les femmes qui sont forcées à la porter, la puissance publique doit les aider et éventuellement étendre le système existant pour les femmes battues avec l'attribution du domicile à la femme. Mais après, interdire le port de ce vêtement à des femmes qui disent le porter librement, même au nom des idées progressistes des Lumières ou de l'émancipation des femmes, ne me parait pas très solide juridiquement.

Réponse de Steven le 21/01/2010 à 17h10
Sur la restriction des libertés, je partage ton analyse comme tu le sais, c'est aussi l'une des raisons pour laquelle je ne suis pas favorable à une loi sur ce sujet. On peut sûrement s'interroger sur les motivations de certains hommes politiques mais ce n'est pas de la tartufferie que d'opposer à cette pratique du voile intégral, des principes tels que l'émancipation, l'égalité des hommes et des femmes,etc.Elisabeth Badinter et d'autres qui s'expriment sur cette question ont aussi lutté et continuent de le faire pour l'égalité des droits et les libertés. Le mot "tartufferie" me semble vraiment trop fort. Mais je veux bien l'utiliser pour les potentats religieux (principalement des hommes, non ?) qui utilisent leurs beaux discours pour instrumentaliser des femmes :)
Commentaire n°7 posté par Annick Bonnefond le 21/01/2010 à 18h48

Tu as raison, le terme de tartufferie n'est pas le meilleur pour parler de la situation, encore que je distingue Elisabeth Badinter, connue de longue date pour son engagement féministe (même si je ne partage pas tout ses points de vue) des responsables politiques notamment de droite qui se servent de ce débat comme un énième écran de fumée pour détourner l'attention des sujets plus importants notamment à propos du droit des femmes. S'il y a bien quelque chose à faire au lieu de prôner une interdiction générale, c'est bien de protéger le droit à ne pas porter la burqa pour protéger les femmes qui ne souhaitent pas se voir imposer un tel vêtement.

Réponse de Steven le 21/01/2010 à 19h15

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Je suis conseiller municipal de Franconville élu sur la liste Franconville Citoyenne menée par Gérard Sebaoun lors de l'élection municipale de 2008.

Je suis également militant de la section du Parti socialiste de Franconville, membre du conseil de quartier des Fontaines, adhérent d'Anticor et président du Cercle citoyen.

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