Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 12:00

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Aujourd'hui les adhérents vont se prononcer sur le texte adopté le 8 juin dernier par le conseil national du Parti socialiste pour la convention nationale sur la rénovation. Dans l'ensemble, ce texte qui contient des avancées non négligeables est assez tiède à mon goût et fait beaucoup de compromis avec les "barons" du parti qui ont réussi à obtenir le report du non cumul des mandats avec un mandat exécutif local et le report de la limitation des mandats consécutifs si des fois ils abandonnaient leur mandat de parlementaire. Je suis un fervent partisan du non cumul strict des mandats qu'il soit entre le local et le national ou encore entre deux mandats locaux. J'ai déjà évoqué dans des articles précédents les défauts du cumul à mes yeux, je ne vais que citer les principaux : concentration des pouvoirs, conflits d'intérêts, absentéisme et une professionnalisation qui entraîne à coup sûr une déconnexion avec ce que d'aucuns appellent la "vraie vie".

 

Je voudrais évoquer un danger pour la démocratie partisane si d'aventure l'on acceptait qu'une instance centrale du parti soit chargée d'attribuer arbitrairement des circonscriptions ici et là au nom de la diversité ou de la parité, concepts qui servent bien souvent à faire des coups médiatiques ou bien à cacher d'ordinaires parachutages même si le parachutage existe bien évidemment en dehors de ces cadres-là. Je reste convaincu que les militants ont le droit de désigner leurs candidats à tous les échelons et que cela est un principe supérieur à la parité ou à la diversité qui sont en parfaite contradiction avec le scrutin uninominal. Je ne suis pas un fervent partisan de la parité dans l'absolue mais la logique serait qu'un scrutin proportionnel intégral soit instauré si l'on voulait vraiment l'appliquer. Affirmer qu'on l'on souhaite obtenir à terme 50% d'élues, au delà du symbole, n'est rien d'autre qu'un écrasement du droit des militants de désigner leurs représentants qu'ils soient des hommes ou des femmes. Je ne suis pas hostile à ce que les femmes prennent toute leur place en politique, bien au contraire, mais cela ne doit pas se faire au détriment d'un principe sacré. La parité existe dans les conseils municipaux des communes de plus de 3 500 habitants et dans conseils régionaux dont les membres sont élus au scrutin de liste paritaire, c'est peut être là qu'il faut chercher une piste.

 

Pour ce qui est de la question des primaires ouvertes, il semblerait que les formations de gauche ne soient pas sur la même longueur que nous pour se lancer dans une désignation d'un candidat unique de la gauche alors il ne me semble pas judicieux de l'inscrire dans nos statuts. La légitimité apportée par ce genre de procédure reste à caution et on a pu constater qu'en Italie, où en 2007 le leader de la gauche a été désigné lors d'une élection primaire qui a été un succès en termes de participation, cela n'a pas empêché sa défaite face à ce qui se fait de pire en politique en Europe lors des élections législatives de 2008. Cette procédure inspirée de la "démocratie" américaine n'est pas je pense transposable en France, les systèmes politiques étant très différents, je crains fort qu'il ne s'agisse que de marketing politique bon à amuser la galerie et à nourrir le feuilleton de l'élection présidentielle qui nuit tant à la démocratie. Je crois que la procédure qui existe actuellement pour désigner notre candidat à l'élection présidentielle est suffisante à condition de ne pas aller dans l'excès de combats de personnes qui n'apportent rien à la démocratie. Une chose est certaine, il ne faut pas laisser les sondages d'opinion décider pour nous même s'il s'agit là probablement d'un voeu pieux tellement ces "outils" polluent l'espace politique et concourent à la dégradation de la démocratie. Il est inutile de s'encombrer d'un gadget, à deux reprises la gauche "entrante" a été victorieuse au niveau national, en 1981 et 1997, pourtant ni François Mitterrand et ni Lionel Jospin n'avaient été désignés à l'occasion d'élections primaires ouvertes.

 

J'ai, sans véritable illusion, rédigé quelques amendements au texte proposé par le conseil national, des amendements qui seront soumis au vote des militants en ce jour pour essayer de les faire remonter le plus haut possible et miracle tenter d'obtenir que le texte soit modifié pour le rendre moins tiède et plus audacieux en termes de renouveau. Il ne faut pas de contenter d'un simple ravalement de façace, le renouveau c'est celui des idées en premier lieu mais c'est aussi celui des hommes et des femmes appelés à représenter les citoyens. Toute la difficulté vient du fait que pour proposer un nouveau pacte démocratique avec les français, il faut lever les obstacles du conservatisme aussi bien dans le Parti socialiste que dans l'espace politique en général.

 

Pour consulter ces amendements, vous pouvez cliquer sur le lien suivant :

Amendements de Steven Dutartre au texte du Parti socialiste Amendements au texte du conseil national du Parti socialiste sur la rénovation 

Par Steven Dutartre - Publié dans : Parti socialiste - Communauté : Les blogs socialistes
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Je suis conseiller municipal de Franconville élu sur la liste Franconville Citoyenne menée par Gérard Sebaoun lors de l'élection municipale de 2008.

Je suis également militant de la section du Parti socialiste de Franconville, membre du conseil de quartier des Fontaines, adhérent d'Anticor et président du Cercle citoyen.

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