Partager l'article ! Le double discours de la droite à Franconville sur les finances publiques: En lisant un article sur le blog de ...
En lisant un article sur le blog de Xavier Melki, membre de la majorité municipale de Franconville, j'ai eu la surprise de voir qu'un double discours était utilisé par l'UMP locale puisque l'élu en question pestait notamment contre la gestion du conseil général du Val-d'Oise par la gauche depuis 2008 et évoquait une dette supérieure à la moyenne de la strate démographique dans laquelle est compris le département. Pour mémoire, lorsque les élus du groupe Franconville Citoyenne rappellent chaque année au maire que la dette de la commune par habitant est supérieure à la moyenne de la strate démographique(1), il répond qu'il ne s'agit pas d'un indicateur pertinent, que Franconville n'est pas une commune établie depuis deux cents ans comme certains chef-lieux de départements peu peuplés et que la ville est plus équipée que la plupart des communes de démographie comparable. Les deux arguments sont probablement vrais mais en ce qui concerne l'équipement, encore faut-il rappeler que la ville était déjà relativement bien équipée avant qu'il ne remporte l'élection municipale de 1983 (espace Saint-Exupéry avant les travaux de création du cinéma et du théâtre, centre de santé, CSL, centre de loisirs Arc-en-Ciel...). Il est à mettre à son actif en revanche la construction de crèches mais plus de 20 ans après son arrivée aux affaires et alors que la ville avait presque déjà atteint son pic de population(2), c'est dire si monsieur Delattre est un élu prévoyant et visionnaire...
L'attaque contre la gestion du conseil général depuis 2008 est d'autant plus déplacée que n'ayant jamais eu à gérer les affaires départementales avant le changement de majorité, il est difficile de mettre l'endettement sur le dos d'une quelconque gestion "socialo-communiste" comme peut le faire Francis Delattre de temps à autres à Franconville alors que la dernière majorité de gauche n'a géré les affaires de la commune que de 1977 à 1983. M. Melki évoque donc une dette départementale de 600 € par habitant et une moyenne de la strate démographique à 378 € par habitant et souligne gravement que la gauche est aux affaires depuis 2008. En regardant les données budgétaires départementale de 2007, je me suis rendu compte la dette par habitant était de 562 € pour une moyenne de la strate à 287 €(3). M. Melki dénonce donc le grand scandale d'une hausse de la dette départementale de 40 € par habitant depuis 2008 et souhaite logiquement le retour des grands gestionnaires responsables des 560 € de dette par habitant restant sachant la dette départementale est passée de 413,779 M€ en 2004 à 648,609 M€ en 2007 !
La droite municipale est encore une fois prise la main dans le sac de la malhonnêteté intellectuelle mais cette attaque dans le fond dérisoire a le mérite de replacer la question de la gestion des finances publiques au coeur du débat politique. Depuis quelques années, à droite mais aussi parfois à gauche, on tente de faire croire aux citoyens qu'il est possible de bien gérer une collectivité sans toucher à la fiscalité, il suffirait d'avoir une gestion "rigoureuse" des deniers publics. A Franconville, la gestion est évidemment "rigoureuse" si l'on s'en tient au satisfecit annuel de Charles Souied, adjoint au maire en charge des finances. Évidemment il n'en est rien et la vérité de cette gestion "rigoureuse" est plutôt qu'à cause d'une idéologie anti-fiscale et d'un recours excessif à l'emprunt, les marges de manoeuvre de la ville sont bien réduites et c'est donc l'investissement qui en pâtit ainsi que l'entretien du patrimoine municipal. La situation du département, avec des finances autrement plus conséquentes, n'est pas foncièrement différente avec une ancienne majorité de droite qui pendant quarante ans a été toute aussi "rigoureuse" que le majorité municipale de Francis Delattre depuis 1983. Comme a pu le rappeler Gérard Sebaoun à diverses reprises en conseil municipal ou dans des tribunes municipales(4), il ne s'agit pas de devenir des champions de l'impôt mais selon le contexte économique et social, il est parfois préférable d'avoir recours à la fiscalité plutôt qu'à l'endettement pour conserver des marges de manoeuvres budgétaires plus conséquentes. On notera que malgré ces contraintes budgétaires difficiles, le maire n'aura pas renoncé à équiper la commune de caméras de vidéosurveillance et à augmenter les effectifs de la police municipale et ce en instrumentalisant quelques faits divers ainsi qu'en évoquant des "on dit" difficilement vérifiables alors qu'une étude commandée sur la situation de Franconville n'a pas encore été rendue. Nul besoin d'être voyant pour deviner des mesures électoralistes et de l'affichage.
Encore une fois, l'idée selon laquelle la droite serait plus rigoureuse en matière de finances publiques n'est pas démontrée et la gauche n'a pas à recevoir de leçons de gestion de la part de personnes qui travestissent la réalité à des fins électoralistes.
2. Voir les statistiques de l'INSEE sur la population de Franconville entre 1982 et 1999 en cliquant ici.
3. Voir la fiche de situation financière du Val-d'Oise sur le site Bercy Colloc en cliquant ici.
4. Voir la tribune de Franconville Citoyenne dans le journal municipal de mars 2010 en cliquant ici.