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La carte des cantons du Val-d'Oise (document issu du site de la préfecture du Val-d'Oise)
L'élection cantonale a lieu dans tous les six ans dans chaque canton, circonscription d'élection du conseiller général qui siège au conseil général, la collectivité
territoriale en charge des affaires départementales. Cette circonscription a été créée en 1790 et leur nombre est variable selon les départements. Par exemple, dans le Val-d'Oise il y a 39
cantons et autant d'élus. Le renouvellement des conseils généraux a lieu par moitié tous les trois ans, ainsi une moitié des sièges est renouvelée en principe en même temps que les conseils
municipaux et l'autre en même temps que les conseils régionaux. En 2010 les deux scrutins seront dissociés et les prochaines élections cantonales auront lieu en 2011, le canton de Franconville
sera concerné.
Le conseiller général est élu au scrutin majoritaire
uninominal à deux tours, le même que pour les élections législatives. Quelques observations :
Il peut avoir des écarts démographiques peu compatibles avec l'esprit de la démocratie entre les cantons, ainsi dans le Val-d'Oise, le canton de Vigny peuplé de 10 483 habitants en 1999 pèse
le même poids que celui de Franconville pourtant peuplé de 33 497 habitants selon le recensement de cette même année et pire, que celui de Cergy-Nord peuplé de de 53 799 habitants ! C'est dire si
le cirque de l'UVO (UMP-DVD) après l'élection cantonale partielle d'Argenteuil-Est en septembre dernier, pour semer le doute quant à la légitimité de la majorité de gauche, était vain.
En effet les élus 19 élus de gauche sur 39 représentent plus d'habitants que les 19 élus de droite qui pensaient être 20 avec Robert Daviot et lors des derniers scrutins cantonaux, la gauche a
été majoritaire. Dans un régime démocratique, la légitimité est-elle conférée par les suffrages des électeurs ou par la possession de territoires ? Dans cette affaire il faut s'interroger sur ce
découpage cantonal qui, certes n'a pas empêché la gauche d'obtenir la majorité en 2008 pour la première en un peu plus de 40 ans d'existence du Val-d'Oise, mais qui pose des problèmes d'équité et
d'égalité entre les citoyens !
Les conseils généraux sont donc renouvelés par moitié en principe tous les trois ans et ceci de particulier que cela ne permet pas de départementaliser les différents scrutins cantonaux
et donc de créer autant d'élections locales sans lien avec l'enjeu. Peu importe alors le bilan de l'élu, qu'il ait travaillé comme un élu départemental pour l'intérêt général du département
ou alors pour le compte de son canton sans se soucier de l'intérêt général. Les conseillers généraux sont en quelques sortes des "mini" députés qui vont parfois privilégier l'intérêt de leur
canton dans une optique purement électoraliste. En 1990, la gauche avait fait voter une loi instaurant le renouvellement intégral des sièges des conseils généraux la même année et cette mesure
aurait du entrer en vigueur pour les élections cantonales de 1998 mais la droite revenue au pouvoir a en 1994, abrogé cette loi qui était pourtant un plus en matière de démocratie. Plus
récemment, le comité pour la réforme des collectivités
territoriales présidé par Édouard Balladur, avait émis l'idée d'un scrutin de liste pour le renouvellement des conseils généraux, il s'agissait selon moi
d'une préconisation juste et fondée qui permettait de départementaliser ces élections, d'instituer la parité entre les genres. La limite étant qu'aucune interdiction du cumul des mandats n'était
proposée, contrairement à la pratique admise à droite comme à gauche, j'estime qu'il ne va pas de soi que l'élu départemental doive également posséder un autre mandat, qu'il soit national ou
municipal. L'élu départemental doit s'occuper à plein temps des affaires du conseil général et ne pas être élu dans un conseil municipal n'est pas un obstacle au travail avec les élus municipaux
sur des dossiers.
En général, le scrutin majoritaire uninominal associé au cumul des mandats et à l'absence de limitation des mandats dans le temps a pour effet de créer un cocktail nuisible pour le fontionnement
démocratique de nos institutions avec la création de barons locaux ou de "notables membres d'une amicale de boulistes" selon les termes peu amènes de Francis Delattre pourtant expert en la
matière, de professionnels de la politique n'ayant plus aucun lien avec le monde du travail depuis parfois des dizaines d'années (cela n'est toutefois pas propre au scrutin uninominal) et
allant de mandat en mandat jusqu'à en cumuler le plus possible : monsieur Delattre précédemment cité a été maire, vice-président du conseil général et député en même temps au faîte de sa
gloire mais pour être juste, cela concerne également d'autres élus de tous bords, donc à gauche aussi et j'ai toujours pensé que c'était plus une affaire de système que d'hommes et que la loi
devra régler ce problème une bonne fois pour toute, voire pourquoi pas la constitution puisque ce pays a une fâcheuse manie a changer les modes de scrutins qui ont selon moi toute leur place dans
le marbre constitutionnel à l'abri des ambitions médiocres de certaines majorités comme ce qui semble se préparer pour le scrutin des conseillers territoriaux qui remplaceront à moins d'un
changement de cap en cas de retour de la gauche au pouvoir national en 2012, les conseillers généraux et les conseillers régionaux. Un mode de scrutin prévoyant dans le cadre du département que
80% des sièges seront attribués au scrutin majoritaire uninominal à un tour (le candidat ayant recueilli le plus de suffrages au 1er tour étant élu même sans avoir recueilli plus de 50% des
suffrages !) et les 20% restant au scrutin de liste proportionnel ce qui permettrait au passage de surreprésenter une majorité acquise de façon injuste et incompatible avec nos valeurs
démocratiques.