Dimanche 31 janvier 2010
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Nous voici encore au coeur de polémiques qui ne contribuent guère à l'amélioration de la chose politique pour les citoyens avec d'un côté les propos peu amènes de
Georges Frêche à l'encontre Laurent Fabius et de l'autre l'attaque de Francis Delattre contre Ali Soumaré, tête de liste socialiste à la régionale 2010 d'Ile-de-France dans le Val-d'Oise. Les
deux polémiques sont-elles à mettre sur le même plan ? Je ne le crois pas, non pas parce que l'un est à gauche et l'autre de droite. Non car la polémique née des propos de Georges Frêche est
encore une fois un mauvais argument pour combattre le baron de Septimanie, affirmer qu'il serait judéophobe est d'une bêtise profonde et ce discours hallucinant (pas dans le bon sens du
terme) prononcé en 2007 à Montpellier (voir la vidéo ci-dessous) ne peut qu'anéantir cette critique particulièrement infâmante.
Il faut évidemment combattre Georges Frêche mais avec de vrais arguments et ne pas trouver des prétextes bidons pour essayer de le saborder après avoir investi
ses listes pour la régionale de Languedoc-Roussillon, je le dis d'autant plus tranquillement que dans un précédent article j'avais critiqué cette décision.
Francis Delattre, dont la finesse n'est plus à démontrer, a quant à lui bel et bien commis un dérapage dans son discours lors du meeting de l'UMP au CSL jeudi soir. Etait-ce raciste comme se demande Gérard Sebaoun dans son dernier article ? Je
crois que oui dans le sens où il semblerait que pour monsieur Delattre un noir ne puisse être qu'un joueur de football et non pas un candidat valable en tête de liste pour une élection
régionale (au passage les citoyens joueurs de football professionnels sont aussi légitimes pour se présenter aux élections que les apparatchiks de tous bords). De plus, il semblerait que pour
lui, être tête de liste implique le fait d'être un notable et probablement multicumulard de mandats dans l'espace et dans le temps comme il a pu en être un parfait exemple et comme l'est Axel
Poniatowski qui a posé une candidature de complaisance puisqu'il n'abandonnera ni sa mairie ni son siège de député pour venir siéger au conseil régional, un casting de stars pour mettre
plein les yeux des électeurs en somme. Il ne faut pas non plus oublier qu'il a écorché le nom d'Ali Soumaré en parlant de "monsieur Samaré", c'est probablement pour lui du pareil au même à
moins que ce soir là il ait été aussi peu en forme que lors de ses voeux du 9 janvier dernier ? En tout état de cause, s'il n'y a pas de racisme ethnique, il y a un bel exemple de
"racisme social" mais venant d'un tel homme, affirmer être supris par une telle déclaration serait mentir.
Monsieur Delattre en général n'a aucune éthique et aucun respect pour ses adversaires, j'en veux pour preuve qu'il a souvent, dans le cadre des campagnes électorales, attaqué Gérard Sebaoun sur
certains aspects de sa vie privée. Il ne se soucie également pas du protocole républicain puisque lors de ses voeux le 9 janvier dernier, il a été jusqu'à citer toute la clique de l'UMP invitée
pour l'occasion (ce qui n'est pas illégitime) pour mieux oublier que le conseiller général du canton était dans la salle. Il doit y avoir un protocole particulier qui fait passer un élu des
citoyens franconvillois derrière le dernier des militants de l'UMP du département... Ce sont quelques uns des arguments qui me font penser que les citoyens franconvillois méritent mieux que cet
élu vulgaire qui semble avoir inspiré quelques éléments de sa majorité municipale (je précise qu'il y a des élus de la majorité pour qui j'ai un profond respect et ils ne sont évidemment pas
visés par la présente critique). Quand on pense que monsieur Delattre a décidé de commencer à bientôt 64 ans, une carrière d'éventuel futur président du conseil général du Val-d'Oise...
Dans le fond, MM. Frêche et Delattre se ressemblent en ce sens qu'ils sont tous deux des potentats locaux qui ne vivent que de mandats en mandats depuis au moins 30 ans, qui entretiennent leurs
clientèles politiques et qui font passer leurs intérêts électoraux avant l'intérêt général des collectivités qu'ils gèrent. Ils partagent une grossiereté commune ainsi que des manières
outrancières qui ne sont plus à démontrer. Ils contribuent tous les deux à abîmer la noble cause de la politique en ayant recours au mensonge et en méprisant les électeurs, ils n'incarnent que
trop bien par leurs pratiques de la politique ce cancer qui ronge depuis trop longtemps les institutions démocratiques et contre lequel, tous les démocrates et républicains sincères,
doivent lutter sans relâche.
Ajout du 10 février 2010
Voici les propos exacts de Georges Frêche « Huchon, ça c’est du solide. Moi je serais à Paris, je voterais Huchon. Si j’étais en Haute-Normandie, je ne sais pas si voterais
Fabius. Je m’interrogerais. Ce mec me pose problème. Il a une tronche pas catholique. Ça fait rien mais peut-être que je voterais pour lui mais j’y réfléchirais à deux fois. Notez là haut, je
vous fais une puce. » Et il aurait même ajouté que finalement il voterait probablement pour lui.
Par Steven Dutartre
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Publié dans : France
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