Partager l'article ! Arnaud Bazin pris en flagrant délit de mensonges sur la fiscalité et sur la dette du Val-d'Oise: Arnaud Bazin, président du conseil ...
Arnaud Bazin, président du conseil général et François Scellier, ancien président du conseil général de 1997 à 2008.
Arnaud Bazin, président du conseil général du Val-d'Oise depuis le 31 mars dernier n'a pas mis longtemps pour se dédire, après avoir promis qu'il ne toucherait pas à la fiscalité, il a annoncé une augmentation de la taxe foncière en justifiant cela par la situation financière difficile du département. La taxe foncière n'avait pas augmenté depuis 19971,2.
La situation financière difficile du Val-d'Oise est une réalité que personne ne nie pas même la gauche qui a eu à exercer le pouvoir au conseil général entre 2008 et cette année mais le président Bazin a également menti en affirmant que la dette qui "frôlait le milliard" avait "pratiquement doublé"3 (20 minutes) voire était "d'un milliard" avait "doublé"4 (Le Parisien).
Je n'ai jamais été un crack en mathématiques mais de là se tromper sur une addition aussi simple, c'est assez problématique. Selon les données de Bercy, l'encours de la dette en 2007, lorsque monsieur Bazin était dans l'équipe de monsieur Scellier, était de 648,609M€5 et s'il avait doublé, il serait logiquement de 1 297 218 000 € or ce n'est pas le cas puisqu'il est d'un milliard ou le frôle selon ses dires.
En fait l'UMP-VO a besoin de ce mensonge pour justifier une hausse qui aurait du avoir lieu les années où la situation économique était plus florissante. Promettre de ne pas toucher à la fiscalité est, à moins d'avoir à gérer une collectivité riche, une bêtise dont on finit par payer les conséquences un jour. Ce jour est arrivé pour le conseil général mais cela est également valable pour la ville de Franconville où la droite le tient le même discours fallacieux sur la "gestion rigoureuse" qui n'est rien d'autrre qu'une augmentation de la dette et/ou une baisse drastique des investissements.
La vulgate antifiscale et néolibérale qui anime la droite est un choix délibéré6 visant à réduire les recettes pour justifier ensuite la réduction des dépenses, les plus favorisés sont doublement gagnant dans cette affaire car d'un côté les baisses d'impôts leur profitent à plein et de l'autre c'est notamment auprès d'eux que l'Etat va emprunter pour boucler son budget. Cela n'est évidemment pas possible pour les collectivités locales qui n'ont pas les mêmes marges de manoeuvre et elles se retrouvent donc dans des situation diffciles comme c'est le cas actuellement.
Au surplus, la droite départementale ne dit rien sur la dette de l'État envers le conseil général, probablement pour pas se priver de cet argument de mauvaise foi qu'est celui de la gestion dispendieuse de la gauche aux affaires, comme le veut l'idée reçue au même titre que celui de la gauche prétendument laxiste en matière de sécurité.
La gauche n'est pas non plus sans responsabilité, à avoir laissé les thèmes néolibéraux s'imposer dans les années 80, elle se retrouve aujourd'hui coincée à ne pas pouvoir contrecarrer la démagogie fiscale de la droite. Un discours ne serait-ce que raisonnable est presque impossible à tenir en face des électeurs intoxiqués par la propagande antifiscale.
Il ne s'agit pas bien sûr d'étrangler les contribuables mais à des moments où la situation économique était plus favorable, il aurait peut être fallu avoir recours à la fiscalité pour avoir des marges de manoeuvre moins ténues lors des périodes difficiles comme nous en traversons actuellement.
Je crois que le courage n'est pas nécessairement de réduire les dépenses publiques comme l'estiment certaines personnes grassement rémunérées et qui n'auraient pas à en subir les conséquences mais plutôt de tenir un discours de vérité et assumer poltiquement ce que coûtent les services indispensables apportés par nos collectivités territoriales.
1. "Le plan de la droite pour reconquérir le département", Le Parisien le 05/03/2011.
2. "Arnaud Bazin annonce une augmentation de la taxe foncière", blog de Gérard Sebaoun le 14/04/2011.
3. "Revenir à une gestion rigoureuse", 20 minutes le 14/04/2011.
4. "Le conseil général va augmenter les impôts", Le Parisien le 15/04/2011.
5. Situation financière du Val-d'Oise en 2007, site du ministère des finances.
6. "L'envolée des dettes publiques résulte d'un excès de dépenses", Manifeste d'économistes
atterrés.